Le Matamore ébouriffé

L'enfance et la jeunesse de Mirabeau. Un roman de la bravoure, à une époque où la France change de visage.

roman, Fayard 2002

Le Monde (Josyane Savigneau)

Michel Chaillou, entre rêve et passion

Michel Chaillou est un rêveur éveillé, un promeneur fou de littérature, un passionné, un curieux, un bienveillant égaré dans une méchante époque de repli, d’invectives, d’agressions et de haines ressassées. Il la regarde, cette époque, avec l’étonnement de celui qui ne comprend pas comment on en est arrivé là, pensant que « la méchanceté est toujours une étroitesse de l’intelligence ». Par bonheur il est écrivain, alors il peut fuir à son gré. Et il ne s’en prive pas, depuis son premier roman, Jonathamour (« Folio », Gallimard, n°2244) – paru il y a presque trente-cinq ans, en 1968, grâce à Georges Lambrichs, auquel Chaillou voue une reconnaissance émue – jusqu’à ce Matamore ébouriffé, son dix-neuvième livre, cinq cents pages sur Mirabeau, ou plutôt autour de Mirabeau. (1er novembre 2002)

Livres Hebdo (Jean-Claude Perrier)

Chaillou, le griot blanc

Il a beau être né à Nantes en 1930 Michel Chaillou pourrait être un griot africain. Il en a la faconde, et la même maîtrise du verbe. ( 21 juin 2002)

Télé Z (Bruno d’Epenoux)

L’important dans son histoire tient aussi à cette fin du XVIIIe siècle, au Binon, village du Gâtinais, décrite dans une fresque remplie de détails. De ce temps-là, de ses premières années comme de la lignée éclatante de ses ancêtres tous présents ici, est sorti Mirabeau devenu par la plume d’un écrivain inspiré et même hanté un formidable personnage de roman. (31 août-6 septembre 2002)

Le Parisien

L’érudition du professeur Chaillou

Michel Chailou a-t-il réussi l’impossible ? Ne pas écraser son héros sous une telle masse d’anecdotes ? Sans ses connaissances, pourrait-on justifier le titre, aussi laid que le personnage qu’il désigne ? Qu’importe ! A la longue on s’habitue à cette verve débordante et l’on y prend même un certain plaisir. (31 août 2002)

Madame Figaro (Evelyne Lever)

Ah, le beau titre ! Il colle comme un gant à ce génie de la parole que fut Mirabeau. N’allons pourtant pas nous figurer que Michel Chaillou a pris la plume pour conter la romanesque existence du tribun. Ce serait trop facile. Il a choisi de réinventer le journalisme d’investigation en imaginant qu’un fonctionnaire du Directoire vient recueillir les souvenirs des villageois qui ont connu les jeunes années de son héros et qui, plus tard, ont tout simplement entendu parler de lui. On descend ainsi dans la France profonde. […] Recréer de toutes pièces le parler populaire de la fin du XVIIIe, mettre poétiquement en scène l’étrange interprétation des souvenirs : voilà le défi qu’a relevé Michel Chaillou. Ebouriffant ! (14 septembre 2002)

Le Nouvel Observateur (Bernard Geniès)

Mirabeau, l’homme de feu

Pour mener à bien son entreprise de déconstruction -reconstruction -, Michel Chaillou a pris ses aises, déployant une langue riche et précieuse, frôlant le gouffre du lyrisme sans jamais y chuter. Sous sa plume, Mirabeau, enfant surgi de la tourbe, élevé dans une forge, devient homme de fer et de feu. A l’évidence, Chaillou se délecte. Il multiplie les chausse-trapes, aiguise les suspenses. Ingénu, ironique, espiègle, il livre au lecteur un grand roman, furieux, étincelant. (29 août au 4 septembre 2002)

La Provence (Jérôme Garcin)

Enfin, de la grande Histoire !

Autour de la légende, Michel Chaillou fait entendre le choeur des humbles oubliés par l’Histoire; Orchestré avec une verve à laquelle nous a habitué l’auteur de Domestique chez Montaigne et de La France fugitive, Le Matamore Ebourrifé n’est pas seulement un portrait en creux de Mirabeau,c’est aussi une fresque où l’on comprend, en la contemplant, comment se fonde, se fabrique un destin national. (15 septembre 2002)

La Croix (Dominique Gerbaud)

Une enquête buissonnière sur Mirabeau Le lecteur a le sentiment de gambader dans la petite et la grande histoire. Plus exactement, il longe l’Histoire, sans y entrer vraiment pour ne pas s’y perdre. Car ce n’est pas l’objet du livre. Chaillou n’est ni historien ni détective, mais romancier, homme de lettres et jongleur de mots. Dans ce rôle du narrateur enquêteur, il porte avec énormément d’humour un regard fin, distant et attendri sur un personnage que l’on ne quitte qu’à regret. (19 septembre 2002)

Valeurs Actuelles (Jean Védrines)

La face cachée de Mirabeau

Chaillou a peint son héros dans l’ombre, en se gardant de l’excès de lumière. A l’instar d’un Giono dans la Bataille de Pavie ou le Bonheur fou, il s’est écarté des droites perspectives de l’historiographie officielle, il l’a désorientée, déboussolée, lancée sur les chemins cahoteux de l’imaginaire. Mirabeau avait besoin de ce splendide manteau de nuit, d’un roman qui le rende génialement à son secret, à son mystère. (27 septembre 2002)

Le Spectacle du Monde (Bruno de Cessole)

Mirabeau à saut et à gambades

Michel Chaillou est un écrivain de l’excès, de la générosité sans limites, du caprice débridé. Il appartient à cette famille rare et étroite des baroques français, émules improbables du cavalier Marin et de Gongora, tout comme il cousine avec les collectionneurs de curiosa, les explorateurs du second rayon que furent Marcel Schwob ou Pierre Louÿs. La page blanche, sur laquelle s’évertuent les minimalistes constipés, devient pour lui un estuaire, océan, où le tumulte des flots charrie un incroyable pêle-mêle de savoirs et de sensations, de références érudites et d’émotions sensuelles. Il y a du sorcier et du sourcier chez cet homme qui possède le don unique de s’approprier une époque, de s’insinuer dans ses méandres psychologiques et de réinventer sa langue, ses tournures et ses postures singulières. (octobre 2002)

 

Le Magazine littéraire (Jean-Maurice de Montremy)

Michel Chaillou n’écrit pas pour autant, ici, un roman historique, ni une biographie romancée. Renouant avec l’approche qui fut celle de Domestique chez Montaigne , il fait raconter des souvenirs, des rêves ou des rumeurs sur Mirabeau par les gens du village où celui-ci vit le jour en 1749 : Le Bignon (Loiret). Ces témoignages sont censément recueillis, en 1796, par un curieux narrateur. Nous sommes aux lendemains de la Terreur, alors que passe un autre souffle, celui du « chaos » de la conjuration de Babeuf. Si bien que trois destinées s’entrecroisent : celle de Mirabeau, celle des habitants du Bignon (qui sont un personnage multiple) et celle du narrateur. Ce dernier pratique, lui-même, un style ébouriffé, plein d’éloquence. Michel Chaillou parle joliment d’une « verberie ». On y reconnaît sa patte, habillée à la diable des dentelles et soieries chatoyantes du XVIIIe siècle. (octobre 2002)

Le Mensuel littéraire et poétique (Richard Blin)

Michel Chaillou l’illusionniste

Revenir est sa façon d’aller. S’approprier l’intime et le superflu est sa manière de redonner vie et couleurs, chair et voix à ce Gabriel, digne représentant de la lignée des Mirabeau, cette famille en constant état d’ébriété morale. Des manières de tourbillon sur pied que ces Mirabeau. […] C’est à ce souffle, à cette tempête, à cet aplomb tout douceur et de fracas que Michel Chaillou tente de redonner force et vigueur. Pour ce faire, il multiplie les points de vue, les foyers de subjectivité, il traque l’imperceptible, le détail, l’écho de l’écho, ce qui se parle sous tout ce qui se tait. Il donne du relief au minuscule, déplace les frontières classiques entre le su et l’oublié, le dit et le refoulé, le lu et l’entendu. Ce qui l’intéresse ce sont les bouts de phrase, les seuils, les dessous des digressions, ce qu’il devine plus que ce qu’il entend. Et de la somme de ces ellipses acrobatiques, de cette écriture singulière où se recueille la suée du temps, naît l’illusion, se réaccordent par instants chair et ombre. (octobre 2002)

Le Soir (Pierre Maury)

Le Matamore ébouriffé est un grand roman au souffle hardi, qu’on se le dise !

Le Devoir (Guylaine Massoutre)

Entre roman et biographie, d’extravagants Mirabeau Chaillou essoufle le lecteur et pulvérise, il faut le dire, les lois du genre véridique. Qu’importe, puisque le brouhaha qu’il régénère fait entendre un romantisme tout proche, et surtout, cet allant du roman populaire, paru en feuilleton qui fait la gloire des grands réalistes. (18 et 19 janvier 2003)

Le Magazine littéraire (Christiane Baroche)

On dévore, je ne vous le cache pas, et l’on rit et l’on se dit qu’à côté, nos trajectoires sont pâlichonnes. Bravo l’auteur ! (1er février 2003)

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Michel Chaillou