Voyage parmi les étoiles sérieuses
Sur France Culture, une exploration du ciel intérieur dans le cadre de la série "Les histoires du Pince-Oreille".
Sur France Culture, une exploration du ciel intérieur dans le cadre de la série "Les histoires du Pince-Oreille".
Michel ChaillouDigression majeureMichel Chaillou n’a décidément pas changé. Rien, ni ses livres.C’est la syntaxe, qui le définit, et une façon de marcher – en langue, s’entend. C’est un promeneur : et toujours le même jardin quasiment à l’identique, mais où il déploie une fois de plus toute la littérature appelée, ses âges, ses pilotes (d’autres qui lui ressemblent).Ce n’est pas son premier livre où transparaît son expérience poitevine.Ce qu’on retrouve, dans les ombres : la mère, le Maroc,la guerre, la bibliothèque du grand-père, le vague écho manouche, les ciels d’ouest et l’art même de parler, les recoins obscurs d’une honte non sienne, mais jamais complètement finie d’être vidée, et sans laquelle il n’yaurait pas eu ce chemin qu’il a fait.La Gartempe traverse cette petite ville dont il parle,et qu’il nomme Montauvert, comme il y a un diable Vauvert. Est-ce que la force d’une histoire tient au fait qu’on reconnaisse une ville pour nôtre ? Oui, quand on a eu son adolescence ici, on ne lira pas Chaillou comme on aime, en littérature, s’en aller dans ces villes inventées, qu’elles soient celles d’Italo Calvino (Les villes invisibles) ou d’Hermann Hesse (Steppenwolf, avec le même genre de solitaire tenant journal) ou même comme Jean-Christophe Bailly avait construit son Olonne. Lycée Camille-Guérin, Poitiers, 1970 : dans ma classe d’internes, nous venions de Civray, Loudun, Saint-Maixent, Thouars… Autant de villes disposant encore de leur pleine structure complexe, d’une hiérarchie sociale aussi stable que ces vieux bâtiments qui en faisaient, souvent autour du noyau féodal, les ombres et élévations très secrètes qui servaient de lycée, de tribunal d’instance, ou que la mairie avait pu reconvertiren bibliothèque ou écoles de musique.Ce sont ces villes que la Ford Anglia du jeune enseignant ayant pris chambre à Poitiers, mais muté ici ou là, ressuscite, et nous les reconnaissons : si cela s’était appelé Montmorillon, par exemple, cela n’aurait été que Montmorillon, et non pas ce partout et nulle part qui est nous, et le hasard de notre histoire. J’aurais sans doute lu autrement ce roman de Michel Chaillou s’il s’était passé dans le Cotentin (magnifique Indigne Indigo en 2000), ou ces expéditions en voiture dans les fins fonds de France, où c’est chaque fois la littérature qu’on croise (La France fugitive, Fayard,1998, ou en poche).Mais pour nous, qui le connaissons,qui lui avons dette, Michel Chaillou n’est pas seulement un écrivain, ou bien, ce qu’il est comme écrivain, nous le projetons plus loin que le livre. «J’arrivais d’Algérie, de la guerre.»
Ce qu’il nous a apporté, c’est un déplacement de frontière. Elle est fine, impalpable : la littérature est toujours née de la littérature. Il n’y a pas de conquête possible au présent de cette simplicité d’une histoire, de ce mystère du rythme d’une prose si on ne va pas l’éduquer ou le former dans la singularité multiple qui est celle de la totalité d’une langue. Par exemple, si j’étais Michel Chaillou parlant – comme il le fait, improvisant, ayant apporté dans sa tête trois ou quatre souvenirs de livres et vous parlant deux heures avec cela –, je vous dirais par coeur la phrase suivante, sans effort, juste pour l’avoir lue et reconnue : J’arrivais d’Algérie, de la guerre. J’enseignais les lettre dans un vieux lycée pacifique à Montauvert, modeste bourgade poitevine que peuple une pauvre rivière moitié torrent qui irriguait aussi mes pensées.
Et je vous parlerais de cette mince virgule, dans le six-trois de la première phrase, et comment le mot guerre vient ronger non pas l’Algérie, probablement, mais le je initial. Et puis, dans cette phrase qui nous amène à Montauvert, qu’on découvrira sur la Gartempe, je vous signalerai comme en passant le long et doux adjectif pacifique, mais appliqué au lycée, et non la phrase qui brosse la ville comme d’une aquarelle suspendue, et sans ce déport il n’y aurait pas la liberté de résonance que prend, tout à la fin, ce mot pensées.
Combien de fois je l’ai entendu, Michel Chaillou, dans ses improvisations de conteur ? Au point que parfois elles me cachaient l’auteur : il me fallait cette présence de visage et de gestes (les mains parlantes de Chaillou) et je ne saurais jamais rouvrir par exemple le Grand Meaulnes sans que me revienne sa voix, une fois, sur«pourquoi trois, mais pourquoi trois ?» dans la phrase d’Alain-Fournier : le mystère des trois greniers. Sauf que cette strate inexplicable, parfois incohérente, signe seule les grands ouvrages, les grandes syntaxes, même dans cette chose si commune que doit être la littérature: mise en partage de ce qui nous est commun, et son interrogation devant le temps.
Un marcheur de la littérature
Le mot donc d’improvisation, pour Michel Chaillou,comme qualifiant aussi cette geste narrative quideviendra notre propre marche dans l’ouvrage, sesallers-retours et ses portraits de profs comme pris dujour, attachés à leur tâche de tous les jours et rêvantcomme un autre. Ou l’étrangeté de cette Finlandaise dans un jardin de Niort un soir de lune, et que finalement c’est de grammaire latine (mais pas seulement quand même) qu’on s’explique.
Chaillou est un marcheur de la littérature, c’est elle que d’abord il arpente. Lisez donc, si vous le trouvez,son Petit guide pédestre de la littérature (écrit avec sa compagne, Michèle – et republié chez Fayard en 2000 sous un titre que j’aime moins : La Fleur des rues). Et c’est ce «sentiment géographique» (titre d’un de ses premiers livres, en 1976), le rêve des livres emportant la déambulation réelle qui crée, d’une chose aussi simple que ranger la Ford Anglia et grimper à la chambre louée dans le vieux Poitiers, cette convocation de l’imaginaire qui nous permet que la lecture soit roman. Dans ce passage,par exemple, je l’entends d’avance, le Michel (maisi l ne commente pas ses propres livres, il vous citerait Barbey d’Aurevilly ou mille autres), vous attrapant par le bras, et chuchotant de façon à ce qu’on l’entende depuisle trottoir d’en face : «Mais comment le mot secret, àcet endroit-là, entraîne tout le paragraphe ? Essaye de leplacer n’importe où ailleurs et tu verras…»
Pour gagner mon chez-moi, il fallait d’abord pénétrerl e garage et, parmi les odeurs d’huile et d’essence, les mille bruits toujours râleurs des moteurs à explosion, emprunter tout de suite à main droite un escalier secret, quasi dérobé jusqu’au premier étage à paillasson où chancelait ma porte qui fermait mal. La pièce était vaste, tapissée d’un papier peint usagé dont j’ai perdu les figures, toutes mythologiques me semble-t-il. La chasse au cerf devait dater de plusieurs siècles, car le hallali avait manifestement gagné le papier, déchiré parle temps plutôt que par la meute à moitié effacée des chiens hurleurs. Je n’aperçois plus le coin lavabo.
Alors oubliez que ce livre roule, en Ford Anglia, sur des routes que nous reconnaissons : le monde de l’après-guerre d’Algérie n’est plus depuis longtemps. On a mis nos supermarchés et nos rocades à la place, et construitdes lycées neufs. Mais laissez-vous prendre à ce qui,chez Chaillou, sera toujours l’impossibilité du roman ordinaire : les événements, des livres. Les labyrinthes, des bibliothèques. Les adultères, les traversées du temps. Les personnages : pas forcément ceux qu’il vous montre, mais tant de fantômes qui viennent, amusés,lire sur son épaule.
(L’actualité Poitou-Charentes, avril-mai-juin 2009, n°84)
L’adaptation du Collège Vaserman mon roman théâtral, sur France Culture. Un feuilleton en dix épisodes. avec Claude Pieplu dans le rôle du pédagogue, Anne Kreis, Leila Bakhtiar, Gilles Gabay, Vincent Grass… et bien d’autres comédiens. Bruitage : Caroline Ledoux. Réalisation : Jean Couturier.
Une improvisation en direct sur France Culture, du 31 août au 4 septembre 1992. Réalisation Jean Couturier .
De la source du fleuve à son embouchure, à chaque escale montent des passagers d’époques différentes et cela s’achève par aujourd’hui et un colloque avec les saumons de la Caspienne.
A propos de ce voyage sur les ondes, lire l’entretien avec Laetitia Legay intitulé "l’écriture radiophonique est comme un campement nomade" (La lettre de Radio France, été 1992).
Une balade, l’été, sur France Culture. J’étais parti d’un texte d’un négociant suisse anonyme d’environ 20 pages. J’en sélectionnais un passage, une ou deux phrases, et je le dilatais le temps de l’émission.
C’est le titre de l’article que la revue Chroniques de la Bibliothèque nationale de France consacre à l’écrivain dans son dernier numéro d’avril-juin 2015, à travers une interview de sa femme Michèle.
Tous les soirs, du 24 décembre 1977 au 1er janvier 1978.
Une improvisation en direct dans un programme spécial composé par Alain Veinstein. Réalisation coordonnée par Evelyne Frémy et Marie Rose Dérouet.
"Ici les derniers jours heureux, un bateau, un livre, une voile ajoutée aux dernières heures de l’année. Il fait nuit noire. J’émets sur petite fréquence de rêve. Depuis le large des îles Marschall, à des centaines de milles à l’est de la Papouasie Nouvelle Guinée. Douze mois que je suis parti de France, 362 nuits par soleils nagés, lune et étoiles immergées, courants, danger des récifs. Mes pensées à force de baigner dans la saumure sont presque poissons … Ecoutez…"
Un feuilleton en neuf épisodes réalisé par Jean Couturier, diffusé sur France Culture du 1er au 10 août 1977
Neuf hommes en perdition sur une banquise de l’Antarctique tentent, après le naufrage de leur navire l’Aventure, de gagner la terre ferme incarnée par plusieurs îles au large du continent antarctique.Ils s’aident dans leur progression angoissée successivement de chiens, de traineaux, d’embarcations, de rames, de voiles. Nous assistons à leur odyssée par le truchement d’un poste émetteur ne possédant aucun retour. Ils appellent sans savoir si on les entend. Ils appellent comme des sourds, au milieu de la glace chancelante, de la mer démontée, dans la rage du vent et des monstres marins. Pendant neuf jours, l’auditeur se trouve branché sur un effroi au pôle sud. Le hasard a fait que France-Culture, sur modulation de fréquence, a pu les entendre.
Tout finira bien. Ils seront sauvés.
Chanson de bruits et de voix avec la participation fortuite des habitants, le temps d’un festival. Aventure héroïque mêlée de prose et de vers, mise en musique par les rues, les places, le Rhône. Feuilleton inventé par une ville, avec l’aide bénévole et de tous les instants d’un rémouleur d’histoires, racommodeur de propos, et de ses machines. Douze épisodes d’un quart d’heure, trois par samedi, joués sans comédiens et réalisés par Janine Chollet.
Une émission de l’Atelier de création radiophonique sous-titrée "ou quelques moments d’une préoccupation dramatique alllant du château des Rochers au musée Carnavalet, en passant par le métro parisien".
Le manuscrit et ses brouillons. Présentation du roman
Dern
(mars 2008)
Les organisateurs du colloque « Michel Chaillou : l’écriture fugitive », qui se tiendra les 25 et 26 février 2016 à l’Université du Littoral Côte d’Opale, en partenariat avec l’Université d’Angers, viennent de lancer l’appel à contribution sur le site Fabula. Les réponses sont requises avant le 30 juin 2015 auprès de François Berquin et Catherine Haman.
Les actes du colloque seront publiés par ROMAN 20/50.
Extrait d’Un songe pourtant cadastrable » (Jacques Réda)
[…] Cette façon absolue d’envisager la littérature est un des mérites de Chaillou. La plupart des auteurs n’écrivent que pour annihiler les autres, et ceux qui plus ou moins n’ont pas cette préméditation, souvent à peine consciente et presque toujours vouée au ridicule, feraient pourtant mieux d’apprendre à jouer de l’harmonica. Mais l’ambition de Chaillou semble un peu différente. Il voudrait être tous les livres à la fois, non bien sûr dans leur multiple singularité décourageante, mais en mordant à même l’unique racine qui les alimente de son suc songeur et capiteux. Car s’il y a un rêve de L’Astrée, il doit y en avoir un qui rêve ce rêve de L’Astrée, en même temps que celui de cent mille autres bouquins. Un autre mérite consiste à ne pas se satisfaire de songer. […] En effet, élaborer une écriture qui permette d’entrer dans la substance profonde commune à tous les livres, c’est parer du même coup à tout danger d’encerclement. Voilà probablement ce qui explique la curieuse impression qu’on tire, à lire la moindre page de Chaillou, d’un mouvement qui tout à la fois s’enhardit et se dérobe, mouvement qui imprime son allure au livre pris en entier. Achevé Le Sentiment géographique, on se convainc d’avoir simultanément glissé jusqu’au fond du rêve de L’Astrée, et lutté avec un ouvrage qui ne traite jamais le sujet. Chacun à sa manière, Domestique chez Montaigne et Le Rêve de Saxe offre le même type de cohésion interne et de contrariété, un contraste encore plus tranché entre une fourmillante population de détails précis, érudits, et son but vers lequel chaque page qui dribble comme un virtuose étourdi, inspiré, s’enfonce comme dans un nuage hypnotique.
[…] J’imagine Chaillou devant sa page – pierre – nuage. Il guette, louvoie, fait marche arrière, rature, reprend, tombe dans d’insondables abîmes d’ennui, de mélancolie ou d’hébétude, puis soudain fonce (trois mots), fond comme fondent également ses métaphores qui provoquent un tourbillon d’air plein de plumes d’aigle, d’étincelles et de laine d’agneau. Ensuite ça recommence. Il n’a aucune facilité. Ceux qui, sur preuve, s’obstinent à lui en reconnaître une considérable, n’ont rien compris, et on leur conseille amicalement de se taire. On ne lutte pas au nom du facile contre une passion. Ainsi, naviguer toujplrs au plus près et s’abandonner à un rêve; conjuguer le sommeil et l’état d’éveil le plus pointu, cela revient sans doute à définir l’attitude idéale du poète, plus qu’en particulier celle de Chaillou. Mais je n’ai peu-être pas voulu dire autre chose, et cela me dispense d’une conclusion.
Extraits d »Une géographie du trouble » (Jean-Pierre Richard)
(A propos du Sentiment géographique)
Qu’est-ce que le « sentiment géographique » ? C’est, répond Michel Chaillou dans l’essai ainsi nommé, « cette évidence confuse que toute rêverie apporte sa terre », celle-ci étant à la fois son texte écrit et son pôle matériel, texte visitable comme un sol, lisible comme les pages feuilletées d’un livre. Ici, ce livre est L’Astrée, dont Michel Chaillou entame la « lecture herbagère et ce lieu le Forez, pays où depuis le fabuleux murmure des voix burgondes, jusqu’au XVIIe siècle précieux, puis jusqu’à nous, et par la médiation, entre autres, de ce genre littéraire oublié, mais apparemment si moderne, la pastorale, les bergers n’ont cessé de conduire leurs troupeaux les arbres de pousser leurs feuilles, les fleuves de couler leurs eaux, et les habitants de dormir (avec une perfection particulière, à en croire Chaillou) dans la lente rumination de ces merveilles. Ainsi se présente Le sentiment géographique, ce livre dont le charme constant ne doit pas masquer la profondeur ni sans doute l’ambition. A travers les méandres, parenthèses, repliements d’une seule longue phrase, dont le cours semble entièrement livré à l’empire de ce que Mallarmé, l’un des garants de l’aventure ici tentée, nomme le démon de l’analogie, ce qu s’invente et s’opère c’est, peut-être, une nouvelle façon de lire. Faut-il la définir ? On la dira fondée sur le principe d’une contamination, ou d’une contagion, ou plutôt d’une réversibilité générale mise en oeuvre (et sans cesse contenue, entretenue, nourrie par l’invention critique elle-même) entre les divers registres matériels, ou niveaux fonctionnels de la lecture. […]
(A propos de La Croyance des voleurs)
[…] Il y a donc dans ce roman un parler-voleur qui radicalise et théorise peut-être un certain parler-Chaillou, savoureux, toujours inimitable. De cette parole singulière, à la fois orale et raffinée, il faudrait, mais ce serait là un autre projet, reconnaître les principaux choix stylistiques, les figures aimées, la manière, unique, où une force des choses s’y lie à une « fortune des mots »,ou des « mots dans les mots », pour « dégourdir » le sens, dégeler le langage, à la manière rabelaisienne cette fois, l’y ouvrir au virtuel, à la surprise, à l’étrange. Mais à une étrangeté qui rejoint toujours un thème familier. […].
Ecriture de la cambriole encore, où les mots se mettent à courir (à voler) parce qu’ils sont de multiples manières (c’est la rhétorique) déviés, détournés de leur usage ordinaire. Et ce dévoiement rejoint une duplicité foncière du désir : « J’avais parlé voleur à Ellen, un langage double, à triple fond ? Du vrai en même temps que du faux, des phrases à grande poche. On y glisse ce qu’on veut. » Il y a ce que le langage sait, et aussi comme dans l’étagement d’une pyramide, ce qu’il ignore, ce qu’on découvre brusquement en lui, ou en nous.
Lire Chaillou, c’est vider à chaque moment cette « grande poche » d’écriture; c’est déverser sur nous le plein de sa besace, sa corne d’abondance.
Extrait d' »Un livre de sommeil » (Jacqueline Risset)
On peut rêver de livres qui sortent du sommeil comme d’un bain, portant encore sur eux son essence, ses gouttes, sa rosée. Mais peu d’écrivains, peu de personnages ont le courage de s’abandonner ainsi au sommeil qui anime et relie par liens d’herbe ce qui nous importe. Comme une seule phrase glissant insensiblement sur une surface horizontale et molle. Il s’agit du sommeil et du rêve ensemble, sans que le rêve domine: du sommeil et du rêve vus par la littérature, la littérature vue comme un usage plein, épanché, de la langue, en ce cas de la langue française – cette langue d’eau, cette langue glissante et transparente, émerveillante et sommeillante. Le Sentiment géographique, de Michel Chaillou, parcourt à la fois la plaine de Loire et les pages qui ouvrent les six mille de l’Astrée, en liant et fondant leurs composantes comme le font le sommeil et le rêve.
Ecrit dans mon lit, en Algérie, au fond d’une paratyphoïde, dans les années 1958-1959.
Le début :
Il était à un doigt de lire les yeux de la petite fille, mais il préféra demeurer au coin de l’ignorance et arpenta le temps : le temps de boire un verre, de lire le journal, de fumer une cigarette, puis il se