Ecrits inachevés de Michel Chaillou, un article et un enregistrement vidéo
La belle revue franco-portugaise Sigila, publication dévolue au secret sous toutes ses formes créée par Florence Lévi, consacre son dernier numéro au thème de l’inachevé. Cela fournit à Michèle, l’épouse de Michel Chaillou, l’occasion d’interroger le mystère des archives qui l’entourent encore, écrits inaboutis ou interrompus ou bien notes transitoires consignées dans les cahiers et carnets de travail qui conduisent à l’œuvre achevée.
Le numéro a été présenté à la Maison des sciences de l’homme le 12 février 2026 par l’association Ent’revues et a donné lieu à un enregistrement vidéo où Michèle Chaillou s’entretient avec son amie Isabelle Baladier, membre du comité de rédaction de la revue.
Après leur dialogue deux hommes de science ont confronté leurs points de vue sur leurs recherches autour de l’inachèvement de l’homme.
Eloquente illustration de la pluridisciplinarité de cette publication dont le projet original est sans doute unique dans l’univers des revues.
Elogio del demodé et Chiara Rolla récompensés
Chiara Rolla vient d’être honorée par la deuxième édition du Prix Lingua Ospitale qui lui a attribué une mention de mérite pour sa traduction de l’Eloge du démodé. Elogio del demodé édité par les Edizioni dell’Orso, offre non seulement une transcription italienne de cet art poétique de Michel Chaillou à l’entrée de son vieil âge […]
« Madame de Sévigné chante » une archive audio à réécouter
1976-2026, cinquante ans nous séparent de cette production de l’Atelier de Création Radiophonique où Michel Chaillou enregistré par Jean-Loup Rivière partait à la recherche de Madame de Sévigné, de l’Hôtel Carnavalet à Paris au château des Rochers en Ille-et-Vilaine en passant par le métro parisien. L’émission Madame de Sévigné chante diffusée pour la première fois le 5 décembre 1976 a été rediffusée cet hiver dans la série des Nuits de France Culture consacrées à la célèbre épistolière.
Accompagné des lettres de la Marquise, véritable chant d’amour à sa fille, lues par la voix mélodieuse de Nathalie Nerval, Michel Chaillou enquête en enjambant hardiment les époques : « J’ouvre des livres du XVIIe siècle en les confrontant aux bruits d’aujourd’hui ». Passé et présent s’entremêlent, tout comme la parole des experts (Roger Duchêne, Jacques Wilhelm) et celle des paysans qui vivent encore aux Rochers.
Ce récit aux multiples voix préfigure aussi bien la visite illettrée du château de Domestique chez Montaigne que la déambulation dans le Paris du XVIIe siècle du Petit guide pédestre de la littérature française au XVIIe siècle.
L’article de Michel Chaillou, « Madame de Sévigné, Radio-récit », paru en 1976 dans la revue Digraphe, restitue cette aventure radiophonique.
Chiara Rolla découd les Habits du fantôme
Péril en la demeure, ouvrage faisant suite à une journée d’études sur le thème de la maison dans la littérature contemporaine organisée en 2019 par François Berquin et Caecilia Ternisien , contient un passionnant article de Chiara Rolla sur la pension de famille des Habits du fantôme. Dans ce roman-photo à destination de la jeunesse Michel Chaillou et son complice François Delebecque jouent avec tous les codes du roman de mystère. Derrière l’apparente légèreté Chiara Rolla sait déceler les thématiques profondes de l’écrivain. Grâce à sa connaissance intime de l’œuvre elle nous fait comprendre
Mirabeau raconté par Michel Chaillou
Dans la série de France Inter consacrée à la Révolution française, on a pu cet été 2025 écouter en podcast une émission de la série 2000 ans d’histoire consacrée à Honoré-Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau. Le producteur Patrice Gélinet avait invité en septembre 2002 Michel Chaillou qui venait d’écrire son Matamore ébouriffé. La fougue du personnage est relayée par celle du romancier qui évoque les premières années et la jeunesse débridée de cette figure incontournable de la Révolution française. L’occasion de réécouter la voix de Michel Chaillou et peut-être de relire un roman longtemps médité.
Nouveau don à la Ville de Nantes : les brouillons de La Croyance des voleurs
En complément du don réalisé par Michel Chaillou en 2013, les brouillons de La Croyance des voleurs ont rejoint la médiathèque de Nantes. Ce sont des centaines de feuillets qui mettent en évidence la méthode d’écriture de l’écrivain, sa manière très particulière d’avancer dans les mots.
Alors que Michel Chaillou a donné toutes ses archives à la Bibliothèque nationale de France, il a tenu à faire une exception pour deux livres, La Croyance des voleurs et La Fuite en Egypte, offerts à sa ville natale en souvenir de son enfance nantaise. Ces deux romans appartiennent à ce qu’il appelait ses « demi-autobiographies ». A travers les tribulations du héros Samuel Canoby, c’est la vie de la cité au milieu du XXe siècle qui se devine. A creuser un peu on pourrait retrouver les traces des artistes peintres qui depuis la trisaïeule maternelle Elise Canoby (1822-1900) et son fils Maurice Orliac (1858-1934) fondent la mémoire familiale. Sans parler du grand-père gitan avec sa lignée de chanteurs des rues, et de l’autre côté, la branche paternelle, les modestes ouvriers de Chantenay. Tout un monde nantais à restituer, pourquoi pas dans une exposition ?
L’hommage de la MEL à Michel Chaillou (fin)
Troisième partie, les éditeurs
Colline Faure Poirée (Gallimard), Colette Lambrichs (La Différence), Sophie de Closets (Fayard).
[Pour des raisons techniques l’enregistrement de la fin de la manifestation est uniquement audio]
Colline Faure Poirée, éditrice des tout derniers romans de Michel Chaillou parus dans la collection « Haute enfance » de Gallimard (Le crime du beau temps, L’Hypothèse de l’ombre), a été l’initiatrice de la collection Brèves littérature chez Hatier qu’il a dirigée pendant quatre ans.
Colette Lambrichs, nièce de Georges Lambrichs et directrice en 2014 des éditions de La Différence (à la tête aujourd’hui des éditions du Canoë), évoque les deux livres qu’elle a publiés : Eloge du démodé et la réédition de 1945.
Sophie de Closets, nouvelle directrice des éditions Fayard, avait suivi toute jeune assistante la publication de La preuve par le chien. Elle annonce la parution prochaine du Journal.
L’évocation de Michel Chaillou se termine comme elle a commencé par des images : la projection de l’émission d’André Bourin Un jeune romancier Michel Chaillou (mars 1969)
Début de l’hommage animé par Sylvie Gouttebaron : Pierre Samson, Jean Védrines, Marie-Laure Prévost
Suite : Jean-Loup Trassard, Florence Delay, Michel Deguy, Jean-Yves Paumier, Natacha Michel
L’hommage de la MEL à Michel Chaillou (suite)
Sylvie Gouttebaron , directrice de la Maison des écrivains, anime la soirée. Après les premiers intervenants (P. Samson, J. Védrines, M.-L. Prévost), d’autres amis de Michel Chaillou prennent la parole, rencontrés pour certains au cours des célèbres « déjeuners du Chemin » organisés par Georges Lambrichs directeur de la collection Le chemin chez Gallimard.
Jean-Loup Trassard souligne l’originalité du style de son ami dont il cite les fulgurances dans La petite vertu, huit années de prose courante sous la Régence. Florence Delay admire l’audace et la liberté qu’il manifeste dès ses premiers livres, Jonathamour puis Le Sentiment géographique. Michel Deguy évoque la notion de l‘Extrême contemporain, inventée par Michel Chaillou en 1986 (elle sera le fil conducteur du colloque de Cerisy de 2023) et lit quelques pages du Journal encore inédit. Jean-Yves Paumier, chancelier de l’Académie de Bretagne, met l’accent sur son rapport à Nantes, décor de La Croyance des voleurs, Natacha Michel enfin, co-autrice de l’Hexaméron, revient sur ce livre collectif qui réunit en 1989 six écrivains qui partageaient avant tout l’amour de la prose.
Vidéo du début de la manifestation : Sylvie Gouttebaron, Pierre Samson, Jean-Védrines, Marie-Laure Prévost
Ecouter la suite et fin : Colline Faure-Poirée, Colette Lambrichs, Sophie de Closets
L’hommage de la Maison des écrivains à Michel Chaillou, juin 2014
Le 3 juin 2014 Sylvie Gouttebaron, directrice de la Maison des écrivains et de la littérature, organisait le premier hommage à Michel Chaillou à l’hôtel d’Avejan rue de Verneuil, siège du Centre National du livre où il avait œuvré dans plusieurs commissions.
Un enregistrement vidéo en trois parties restitue cette manifestation où ses amis – anciens ou récents, écrivains ou pas – évoquèrent l’écrivain, l’homme, le compagnon de route dont la disparition était encore toute récente (décembre 2013).
Première partie
Après l’introduction de Sylvie Gouttebaron, Pierre Samson, auteur du film Michel Chaillou, le métier de la langue projeté en ouverture de la séance, raconte comment il a réalisé son film, caméra légère au poing.
Le romancier Jean Védrines, interlocuteur des 9 entretiens sur la littérature de l’Ecoute intérieure poursuit le portrait avec émotion. Marie-Laure Prévost, conservatrice à la Bibliothèque Nationale de France, décrit les manuscrits qu’elle fut la première à accueillir en 2004.
Regarder la suite : Jean-Loup Trassard, Florence Delay, Michel Deguy, Jean-Yves Paumier, Natacha Michel
C’est le moment d’exprimer ici le regret de la disparition de la Maison des écrivains (juillet 2025) qui a tant fait pour que la littérature reste une chose essentielle, autant pour les écrivains que pour leurs lecteurs. Espérons qu’elle retrouve vite une nouvelle vie.
A écouter la nuit du 15 au 16 décembre 2024
Pendant quarante-cinq minutes, noctambules et insomniaques pourront écouter à une heure du matin l’émission Du jour au lendemain diffusée la première fois le 14/03/1990. Alain Veinstein s’entretient avec Michel Chaillou à l’occasion de la réédition de La petite vertu : huit années de prose courante sous la régence, anthologie et de la publication de l’ouvrage collectif L’Hexaméron tous deux aux éditions du Seuil. Un portrait radiophonique de Michel Chaillou du temps où il était enseignant à l’IUT de Saint-Denis, participait à la revue Po&sie parmi ses amis écrivains, lançait la collection Brèves Littérature et savourait le succès de La Croyance des voleurs. Cette émission avait été déjà rediffusée le 11 octobre 2015 sur France Culture, choisie par Michel Deguy pour sa Nuit rêvée.
Elogio del démodé
Traduction en italien de l’Eloge du démodé par Chiara Rolla. Edition bilingue français italien avec introduction et notes de la traductrice.
Michel Chaillou, portrait de l’écrivain en professeur de lettres
Michel Chaillou n’a jamais quitté son métier de professeur. En juin 2021, au cours d’un colloque de l’université de Grenoble, Pascal Lefranc abordait un thème encore peu étudié : comment Michel Chaillou enseignant a inspiré l’œuvre de Michel Chaillou écrivain. Cette intervention figure dans les Actes de la rencontre que viennent de publier UGA Editions en septembre 2024. L’ouvrage, sous la direction de Nicolas Rouvière et Bénédicte Shawky-Milicent, est accessible en ligne sur le portail OpenEdition Books.
La communication de Pascal Lefranc
Rappelons que Pascal Lefranc a dirigé le numéro 344-2022 de la Revue des sciences humaines consacré au colloque Michel Chaillou à l’écoute de l’obscur, disponible également en Open édition.
Les « demi-autobiogaphies » de Michel Chaillou sous l’œil de Chiara Rolla

Elogio del demodé, la traduction de Chiara Rolla
Le saviez-vous ? il n’y a pas d’équivalent du mot démodé en italien. Parlant de sa traduction en cours, Chiara Rolla nous l’apprenait au colloque de Cerisy en juillet 2023. Nous avons maintenant le plaisir de découvrir toutes les subtilités du passage d’une langue à l’autre avec Elogio del démodé, l’édition bilingue qu’elle signe aux Edizioni dell’Orso. Professeur de littérature française à l’Université de Gênes spécialisée dans la prose française contemporaine, elle connaît parfaitement et depuis longtemps l’œuvre de Michel Chaillou. On lui doit la première monographie (en français) qui lui ait été consacrée Michel Chaillou, arpenteur évasif. Elle va aujourd’hui plus loin en permettant à ses compatriotes d’en lire la prose. Son introduction donne les clés pour saisir toutes les dimensions de ce petit traité tandis que la « Nota della traduttrice » dévoile les obstacles qu’il lui a fallu franchir. Bravo et merci pour ce remarquable travail de transmission.
Elogio del démodé (Introduzione e traduzione con testo a fronte a cura di Chiara Rolla), Alessandria, Edizioni dell’Orso, coll. « Pegaso », 2024, 110 pages.









